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Votre succession est bloquée : quelles solutions ?

Un héritier qui refuse de signer, un bien que personne ne veut vendre, un testament contesté. Aucun de ces blocages n'est définitif. Ce questionnaire permet de vous orienter.

Attention, cela ne remplace pas une consultation personnalisée avec un avocat.

QCM du cabinet Excellim Avocats

Ce questionnaire ne constitue pas une consultation juridique. Seul un entretien avec un avocat permet d'analyser votre situation.

Succession : dans quelle situation êtes-vous ?

Quand un héritier refuse de signer

Le notaire attend une signature qui ne vient pas. Les mois passent, les frais courent, et la succession n'avance plus.

Le Code civil est explicite : nul ne peut être contraint à demeurer dans l'indivision, et le partage peut toujours être provoqué. L'inertie d'un héritier ne vous enferme pas.

  1. Le partage amiable suppose l'accord de tous. Il est plus rapide et moins coûteux, et reste possible même quand la situation paraît bloquée.
  2. À défaut seulement, le partage judiciaire peut être demandé. Le juge désigne alors un notaire pour y procéder.

Un blocage n'impose pas d'aller directement au tribunal. Nous cherchons d'abord un accord entre les héritiers, y compris quand le dialogue semble rompu, avant d'envisager la voie judiciaire.

Le conseil du cabinet — Faites constater le blocage par écrit auprès du notaire. Une succession qui stagne sans trace écrite se raconte ensuite de deux façons, et celui qui n'a rien documenté raconte la moins crédible.

Nous détaillons ce sujet sur notre page indivision successorale →

Quand un héritier s'oppose à la vente d'un bien

La maison familiale doit être vendue. L'un d'entre vous s'y refuse, pour des raisons affectives ou parce qu'il y a intérêt.

Son refus ne suffit pas à bloquer. La licitation permet de faire vendre le bien aux enchères sur décision du juge, et de partager le prix entre les héritiers.

C'est une procédure lourde, et elle aboutit souvent à un prix inférieur à celui d'une vente amiable. Elle reste le levier qui rend un refus négociable.

Le conseil du cabinet — Faites évaluer le bien avant toute discussion. La plupart des refus de vente reposent sur un désaccord de prix que personne n'a formulé, et une estimation indépendante le fait apparaître.

Nous détaillons ce sujet sur notre page licitation →

Quand un héritier occupe le bien sans rien verser

L'un d'entre vous vit dans la maison depuis le décès. Il ne paie rien, et il n'est pas pressé que la situation change.

Le Code civil est explicite : l'indivisaire qui use ou jouit privativement de la chose indivise est, sauf convention contraire, redevable d'une indemnité. Elle est due aux autres indivisaires, se calcule sur la valeur locative du bien, et entre dans les comptes du partage.

Le conseil du cabinet — L'indemnité se réclame, elle ne se déclenche pas seule. Chaque mois qui passe sans demande formelle est un mois que vous risquez de ne pas récupérer.

Nous détaillons ce sujet sur notre page indivision successorale →

Quand vous pensez être lésé sur votre part

Un héritier a reçu de son vivant ce que vous n'avez pas eu. Ou les comptes du défunt ont bougé dans les mois précédant le décès.

Les donations consenties du vivant sont en principe rapportables à la succession : elles s'ajoutent à la masse à partager, et celui qui en a bénéficié voit sa part réduite d'autant. La réserve héréditaire protège par ailleurs une fraction minimale au profit des enfants.

Tout cela suppose d'identifier ce qui a été donné, ce qui est le premier travail à faire.

Le conseil du cabinet — Demandez les relevés bancaires des dernières années au notaire. Les libéralités non déclarées apparaissent presque toujours là, pas dans les souvenirs de famille.

Nous détaillons ce sujet sur notre page partage de succession →

Quand vous contestez le testament

Le testament vous écarte, ou il avantage quelqu'un dans des circonstances qui vous paraissent troubles.

Plusieurs fondements permettent de le contester : le vice de forme, l'insanité d'esprit du testateur au moment où il l'a rédigé, le dol, ou l'atteinte à la réserve héréditaire.

Chacun suppose des faits établis, et des délais s'appliquent. Contester parce que le testament est injuste ne suffit pas.

Le conseil du cabinet — Le certificat médical du testateur à la date de rédaction est la pièce qui décide. Demandez-le tôt : les dossiers médicaux se détruisent, et sans lui l'insanité d'esprit reste une conviction.

Nous détaillons ce sujet sur notre page contestation de testament →

Quand une assurance-vie déséquilibre la succession

Le défunt a placé l'essentiel de son patrimoine sur un contrat d'assurance-vie, au bénéfice d'un seul d'entre vous.

Le contrat d'assurance-vie ne fait pas partie de la succession : il est transmis au bénéficiaire désigné, hors succession et hors réserve héréditaire. C'est ce qui en fait un outil de transmission, et ce qui le rend difficile à contester.

Il existe une limite. Les primes manifestement exagérées au regard des facultés du souscripteur peuvent être réintégrées à la succession, ce qui s'apprécie au cas par cas.

Le conseil du cabinet — Comparez le montant des primes au patrimoine et aux revenus du défunt à l'époque des versements, pas au jour du décès. C'est cette proportion qui est examinée.

Nous détaillons ce sujet sur notre page assurance-vie et succession →

Partage amiable ou partage judiciaire : quelles différences ?

Tableau comparatif : les trois voies de sortie d'une succession bloquée
 Partage amiablePartage judiciaireLicitation
QuandTous les héritiers sont d'accordUn ou plusieurs héritiers bloquentUn bien ne peut pas être partagé en nature, ou un héritier refuse la vente
Qui décideLes héritiers, devant notaireLe juge, qui désigne un notaire pour y procéderLe juge, qui ordonne la vente aux enchères
Accord nécessaireDe tousAucun. Le partage peut toujours être provoquéAucun
Ce qui est partagéLes biens eux-mêmes, ou leur valeurLes biens, après évaluation et attributionLe prix obtenu à la vente
DuréeLa plus courteLongueLongue
CoûtLe plus faibleFrais de procédure et d'expertiseFrais de procédure, et prix souvent inférieur à une vente amiable
Point d'attentionNul ne peut être contraint à demeurer dans l'indivision. Le blocage d'un héritier ralentit la succession, il ne l'empêche pas.

La licitation aboutit souvent à un prix inférieur à celui d'une vente amiable. C'est ce qui en fait autant un levier de négociation qu'une solution : le seul fait de l'engager suffit parfois à débloquer une vente de gré à gré.

Notaire ou avocat : qui fait quoi ?

Le notaire règle la succession. Il liquide, il inventorie, il rédige l'acte de partage. Mais il est tenu à l'impartialité envers tous les héritiers : il ne peut défendre aucun d'entre vous contre les autres.

L'avocat intervient quand il y a désaccord. Il ne remplace pas le notaire, il défend votre position dans la succession qu'il règle.

1
Il débloque

Il identifie le levier qui rend le refus négociable, avant d'engager une procédure qui coûtera plus cher que ce qu'elle rapporte.

2
Il reconstitue

Donations non déclarées, indemnité d'occupation, primes d'assurance-vie : ce qui manque à la masse se cherche.

3
Il vous représente

Partage judiciaire, licitation, contestation de testament, devant le tribunal judiciaire.

Questions fréquentes

Un héritier peut-il bloquer une succession indéfiniment ?+

Non. Le Code civil pose que nul ne peut être contraint à demeurer dans l'indivision et que le partage peut toujours être provoqué. À défaut d'accord, le partage judiciaire peut être demandé au tribunal.

Peut-on forcer la vente de la maison familiale ?+

Oui, par la licitation. Le bien est vendu aux enchères sur décision du juge et le prix est partagé. La procédure est longue et le prix obtenu souvent inférieur à celui d'une vente amiable, ce qui en fait autant un levier de négociation qu'une solution.

Un héritier qui vit dans le bien doit-il payer quelque chose ?+

Oui. L'indivisaire qui occupe privativement un bien indivis est redevable d'une indemnité envers les autres, sauf convention contraire. Elle se calcule sur la valeur locative et entre dans les comptes du partage.

Une donation faite du vivant peut-elle être remise en cause ?+

Les donations sont en principe rapportables à la succession : elles s'ajoutent à la masse à partager et réduisent d'autant la part de celui qui en a bénéficié. Celles qui portent atteinte à la réserve héréditaire peuvent en outre être réduites.

L'assurance-vie entre-t-elle dans la succession ?+

En principe non. Le capital est transmis au bénéficiaire désigné, hors succession et hors réserve héréditaire. Les primes manifestement exagérées au regard des facultés du souscripteur peuvent toutefois être réintégrées.