Aller au contenu principal
Excellim Avocats
Droit pénal 4 min de lecture

Harcèlement moral dans le couple : définition, sanctions pénales et recours

Maître Manon Gonzalez-Garcia

Maître Manon Gonzalez-Garcia

Avocat en droit de la famille et en droit pénal

harcèlement moral couple
Sommaire de l'article

Le harcèlement moral dans le couple est un délit pénal autonome : des comportements répétés de dénigrement, contrôle ou humiliation suffisent à caractériser l’infraction, sans qu’aucun coup n’ait été porté. La peine encourue est de 3 ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende, aggravée en présence d’enfants ou en cas de récidive.

L’article 222-33-2-1 du Code pénal : le texte fondateur

L’article 222-33-2-1 du Code pénal dispose que le fait de harceler son conjoint, son partenaire lié par un pacte civil de solidarité ou son concubin par des propos ou comportements répétés ayant pour objet ou pour effet une dégradation de ses conditions de vie se traduisant par une altération de sa santé physique ou mentale est puni de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende.

Plusieurs points méritent d’être soulignés :

• L’infraction vise aussi bien l’objet (l’intention de nuire) que l’effet (le résultat objectif sur la victime). Un conjoint qui humilie systématiquement son partenaire sans « en avoir conscience » peut être sanctionné si l’effet de dégradation est caractérisé.

• L’infraction s’applique aux conjoints actuels mais aussi aux anciens conjoints, anciens concubins et anciens partenaires pacsés. Le harcèlement post-séparation (appels incessants, messages menaçants, manœuvres d’intimidation) relève de cette qualification.

• L’infraction est constituée même en l’absence de cohabitation. Un ex-conjoint qui harcèle à distance, par téléphone ou par messages, relève de cette qualification.

Les peines encourues

L’échelle des peines reflète la gravité potentielle de cette infraction :

• 3 ans et 45 000 € : harcèlement au sein du couple (cas général).

• 5 ans et 75 000 € : lorsque les faits ont causé une incapacité de travail (ITT) supérieure à 8 jours.

• 10 ans et 150 000 € : lorsque les faits ont conduit la victime au suicide ou à une tentative de suicide.

Ces peines placent le harcèlement moral au sein du couple parmi les infractions les plus sévèrement réprimées en matière de violences conjugales, au même niveau que certaines violences physiques graves.

Distinction avec les violences psychologiques et l’emprise

Le harcèlement moral au sein du couple est la qualification pénale qui permet de poursuivre les auteurs de violences psychologiques dans le couple. La violence psychologique est le phénomène vécu par la victime, le harcèlement est la qualification juridique qui sanctionne ce phénomène.

L’emprise psychologique, quant à elle, désigne le mécanisme de domination globale qui sous-tend le harcèlement : l’auteur installe progressivement un contrôle total sur la victime (isolement, dépendance financière, destruction de l’estime de soi). L’emprise n’est pas une infraction pénale en soi, mais elle constitue le terreau du harcèlement moral.

Le harcèlement par l’ex-conjoint après la séparation

Le harcèlement post-séparation est une réalité fréquente. Après un divorce ou une rupture, certains ex-conjoints multiplient les contacts non sollicités, les messages menaçants, les manœuvres d’intimidation, les démarches abusives (signalements infondés aux services sociaux, saisines répétées du JAF, dépôts de plainte abusifs).

Ces comportements relèvent du harcèlement moral au sein du couple même après la dissolution du lien conjugal, dès lors qu’ils sont commis en raison de la relation ayant existé. Ils sont punissables au même titre que le harcèlement exercé pendant la vie commune.

Face à cette situation, un avocat en droit pénal de la famille à Lyon peut déposer plainte pour harcèlement, demander une ordonnance de protection et, si nécessaire, solliciter une mesure d’éloignement ou un bracelet anti-rapprochement.

Comment déposer plainte pour harcèlement moral dans le couple ?

Le dépôt de plainte pour harcèlement moral au sein du couple suit la même procédure que pour les autres infractions pénales : au commissariat, en gendarmerie ou par courrier au procureur de la République. Cependant, la spécificité du harcèlement moral réside dans la nécessité de démontrer le caractère répétitif des comportements et leurs conséquences sur la santé.

C’est pourquoi l’assistance d’un avocat est particulièrement précieuse pour ce type d’infraction. L’avocat vous aide à organiser chronologiquement les faits, à identifier les preuves les plus pertinentes et à rédiger un récit structuré qui met en évidence la répétition et la gravité des comportements.

En parallèle de la plainte, votre avocat peut solliciter une ordonnance de protection auprès du juge aux affaires familiales, qui peut interdire tout contact et prononcer l’éviction du conjoint harceleur du domicile conjugal.

Questions fréquentes sur le harcèlement moral dans le couple

Quelle est la différence entre harcèlement moral au travail et harcèlement moral dans le couple ?

Ce sont deux infractions distinctes, prévues par des articles différents du Code pénal. Le harcèlement moral au travail est régi par l’article 222-33-2 et suppose un lien professionnel. Le harcèlement au sein du couple est régi par l’article 222-33-2-1 et concerne les conjoints, concubins et partenaires pacsés, actuels ou anciens. Les peines sont plus lourdes pour le harcèlement dans le couple.

Un seul incident grave suffit-il à caractériser le harcèlement ?

Non. Le harcèlement suppose des propos ou comportements répétés. Un acte isolé, aussi grave soit-il, relève d’une autre qualification (violences, menaces, injure). C’est la répétition et l’accumulation des comportements qui caractérisent le harcèlement.

Mon ex-conjoint me harcèle par téléphone depuis notre divorce : que faire ?

Déposez plainte pour harcèlement moral au sein du couple (article 222-33-2-1). Conservez toutes les preuves : journal d’appels, messages vocaux, SMS. Demandez simultanément une ordonnance de protection si vous êtes en danger, ou une mesure d’éloignement dans le cadre pénal. Votre avocat en droit pénal de la famille coordonne ces démarches. Pour une vue complète, consultez notre guide du droit pénal de la famille.

Besoin d'un accompagnement ?

Consultez un avocat expert

Le cabinet Excellim Avocats vous accompagne en droit de la famille à Lyon. Prenez rendez-vous pour un entretien confidentiel.

À lire également

Articles sur le même thème

Retrait de l’autorité parentale : conditions, procédure et effets
Droit pénal

Retrait de l’autorité parentale : conditions, procédure et effets

Le retrait de l’autorité parentale est la sanction la plus grave en droit de la famille : il prive un parent de tout ou partie de ses droits sur son enfant. Il ne s’obtient que dans des situations extrêmes — et peut être demandé aussi bien par le parquet que par l’autre parent. L’essentiel à […]

Immunité familiale en droit pénal : principe et limites
Droit pénal

Immunité familiale en droit pénal : principe et limites

Voler, escroquer ou détourner des biens au sein de la famille n’est pas toujours punissable pénalement : c’est le principe de l’immunité familiale. Mais ce bouclier a des limites précises. Et dans le contexte d’une séparation ou d’une succession, il disparaît plus souvent qu’on ne le croit. Le principe : l’immunité pour les infractions patrimoniales […]

Aliénation parentale : comprendre, identifier et agir
Droit pénal

Aliénation parentale : comprendre, identifier et agir

L’aliénation parentale n’est pas reconnue comme une infraction pénale autonome en France, mais les comportements qui la constituent le sont : non-représentation d’enfant, dénigrement systématique, tentative de soustraction. Si l’autre parent vous coupe progressivement de votre enfant, des recours civils et pénaux existent. Qu’est-ce que l’aliénation parentale ? L’aliénation parentale désigne l’ensemble des comportements par […]