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Majeurs protégés 3 min de lecture

Sauvegarde de justice : la mesure de protection urgente et temporaire

Maître Claire Genestier

Maître Claire Genestier

Avocat en droit de la famille | Barreau de Lyon

sauvegarde de justice
Sommaire de l'article

Votre proche est temporairement hors d’état de se protéger (hospitalisation, crise, vulnérabilité soudaine) et des décisions urgentes ne peuvent pas attendre ? La sauvegarde de justice est la mesure de protection la plus rapide du droit français : elle peut être mise en place en quelques jours, sans procédure judiciaire lourde, et protège immédiatement la personne contre les actes qu’elle ne devrait pas prendre seule.

Définition : qu’est-ce que la sauvegarde de justice ?

La sauvegarde de justice est la mesure de protection juridique la plus légère prévue par le Code civil (articles 433 à 439). C’est une mesure temporaire et d’urgence, destinée à protéger une personne majeure dont les facultés mentales ou corporelles sont altérées, le temps qu’une mesure plus durable (curatelle, tutelle ou habilitation familiale) soit mise en place ou que la personne retrouve ses capacités.

La particularité de la sauvegarde de justice est que la personne placée sous cette mesure conserve l’exercice de ses droits : elle peut continuer à gérer ses affaires, signer des contrats, effectuer des actes juridiques. Toutefois, les actes qu’elle accomplit peuvent être contestés ultérieurement s’ils lui sont préjudiciables.

Sauvegarde de justice judiciaire et sauvegarde médicale

Il existe deux voies d’ouverture de la sauvegarde de justice. La voie judiciaire suppose que le juge des contentieux de la protection soit saisi par la personne elle-même, un membre de sa famille, un proche ou le procureur de la République. Le juge peut prononcer la sauvegarde dans le cadre d’une procédure d’ouverture de curatelle ou de tutelle, à titre provisoire.

La voie médicale est plus rapide : elle résulte d’une déclaration faite au procureur de la République par le médecin traitant de la personne, accompagnée de l’avis conforme d’un psychiatre. Cette procédure permet une mise sous protection juridique quasi immédiate, sans passer par le juge.

Quels sont les effets de la sauvegarde de justice ?

La personne sous sauvegarde de justice conserve sa capacité juridique. Elle peut continuer à agir seule pour tous les actes de la vie civile. Cependant, le Code civil prévoit deux mécanismes de protection a posteriori. La rescision pour lésion permet d’annuler un acte si la personne protégée a été lésée, c’est-à-dire si elle a conclu un contrat manifestement désavantageux. La réduction pour excès permet de ramener à des proportions raisonnables des engagements excessifs au regard de son patrimoine.

Le juge peut également désigner un mandataire spécial pour accomplir certains actes déterminés en lieu et place de la personne protégée, par exemple pour vendre un bien immobilier urgent ou pour engager une procédure en justice.

Combien de temps dure la sauvegarde de justice ?

La sauvegarde de justice est une mesure temporaire par nature. Elle ne peut excéder un an, renouvelable une fois, soit une durée maximale de deux ans (article 439 du Code civil). À l’expiration de ce délai, la mesure prend fin automatiquement si elle n’a pas été remplacée par une curatelle ou une tutelle.

Cette durée limitée fait de la sauvegarde de justice une mesure de transition, souvent utilisée comme première étape avant l’organisation d’une protection plus pérenne.

Comment demander une sauvegarde de justice ?

La demande judiciaire est formée par requête auprès du juge des contentieux de la protection du lieu de résidence de la personne à protéger. Elle doit être accompagnée d’un certificat médical circonstancié. La procédure est relativement rapide : le juge peut statuer dans les semaines qui suivent la saisine.

Pour la sauvegarde médicale, c’est le médecin qui effectue la déclaration au procureur de la République. Aucune intervention du juge n’est nécessaire à l’ouverture de la mesure.

Sauvegarde de justice, curatelle et tutelle : tableau comparatif

La sauvegarde de justice est la mesure la plus légère : la personne reste capable et les actes sont contestables a posteriori. La curatelle est une mesure intermédiaire d’assistance : la personne protégée agit avec l’aide de son curateur pour les actes importants. La tutelle est la mesure la plus protectrice : un tuteur représente la personne et agit en son nom pour la quasi-totalité des actes.

Le choix entre ces mesures dépend du degré d’altération des facultés de la personne et de la nature des actes à protéger. L’avocat dédié à la protection des majeurs joue un rôle essentiel pour orienter les familles vers la mesure la plus proportionnée.

Fin de la sauvegarde de justice

La sauvegarde de justice prend fin dans plusieurs hypothèses : expiration du délai d’un an (ou deux ans en cas de renouvellement), mainlevée prononcée par le juge si le besoin de protection cesse, radiation de la déclaration médicale par le procureur de la République, ou ouverture d’une mesure de curatelle ou de tutelle. Le cabinet Excellim Avocats accompagne les familles lyonnaises dans toutes les démarches liées à la sauvegarde de justice, de la constitution du dossier à la représentation devant le juge. Contactez-nous.

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